COLLINS (W. W.)


COLLINS (W. W.)
COLLINS (W. W.)

COLLINS WILLIAM WILKIE (1824-1889)

Fils d’un peintre paysagiste de renom, William Wilkie Collins reçut une éducation privée, passa dix-huit mois en Italie avec sa famille et, contre son gré, fit des études de droit dont profita la documentation de ses romans et essais dramatiques. Memoirs est la vie de son père; Antonia ou la Chute de Rome (Antonia or the Fall of Rome , 1850), un roman historique à la manière de Bulwer Lytton. Dès lors, ami de Dickens, il collabore à Household Words All the Year Round où paraît La Dame en blanc (The Woman in White ); c’est à Walter de La Mare qu’est due la redécouverte, en 1932, du talent original manifesté par ce chef-d’œuvre du «sensational novel» qui inaugure brillamment le roman de détective. Réussite pleinement confirmée sinon dépassée par La Pierre de lune (The Moonstone , 1868), remarquable par la subtilité de son intrigue et le délié de ses analyses psychologiques. Collins est un maître narrateur, expert dans l’agencement du mélodrame, comme en témoignent les deux pièces écrites en collaboration et jouées avec la participation de Dickens, Le Phare (The Lighthouse , 1855) et Dans les glaces (The Frozen Deep , 1857); en témoignent aussi ses autres œuvres romanesques, qui corsent l’intérêt de l’intrigue par l’étude de questions sociales; ainsi, Sans nom (No Name , 1862) traite de l’illégitimité, Homme et femme (Man and Wife , 1870) des lois sur le divorce; La Nouvelle Madeleine (The New Magdalen ) est une protestation courageuse, et injustement méconnue, contre la prostitution, et Le Cœur et la science (Heart and Science , 1883) dénonce les prétentions de la science et la vivisection. Les romans de Collins méritent donc plus que l’estime un peu condescendante qui les a salués: leur réalisme ne brave pas ouvertement les conventions victoriennes mais sait créer une atmosphère de terreur et d’angoisse, selon des techniques nouvelles qui seront exploitées par le roman moderne.

Encyclopédie Universelle. 2012.